Marc Bloch fut un grand résistant et est toujours un grand historien. L’histoire lui doit beaucoup c’est pourquoi nous nous devons d’en explorer son œuvre et sa vie, y compris ses silences.
Né en 1886 à Lyon, il sera assassiné le 16 juin 1944 dans l’Ain, en tant qu’otage des nazis auxquels il résistait. Pendant la première guerre mondiale, ses biographies indiquent que, entre deux périodes sur le front de l’Est, Marc Bloch a servi trois mois à Constantine. Mais que savons nous de cette période algérienne et de ce qu’en a pensé Marc Bloch ? Très peu d’historiens rapprochent cette période de l’insurrection concomitante de l’Aurès en 1916-917 et de sa répression par plus de 10.000 soldats français retirés du front européen.
Nous tentons de le faire en croisant sommairement les sources suivantes :
Marc Bloch ; L’histoire, la guerre, la résistance ; (édition établie par Annette Becker et Etienne Bloch ; Quarto Gallimard 2006, rééd 2025) et les pistes que m’a communiquées Annette Becker ces derniers mois
Et des notes moins bien sourcées (notamment de Ammar Negadi) sur le même site :http://aureschaouia.free.fr/telecharg/aures-insurrection-1916.pdf ,
La présente note se centre sur le Belezma, massif annexe (à l’Ouest) de l’Aurès, mais la rébellion de développe depuis la plaine du Hodna jusqu’à l’Aurès oriental, soit tout le sud du département de Constantine. L’ « Historique du 72e régiment d'infanterie pendant la campagne 1914-1918 » (H. Charles-Lavauzelle (Paris), éditeur, 1920) précise « jusque dans le massif du Belezma et les régions du Hodna », n’évoque pas l’ Aurès et, euphémiquement, décrit « il maintient l’ordre, et (...) assure le recrutement indigène ».
Marc Bloch passa 3 mois à Constantine, chef-lieu du département où se déroulèrent donc la plupart des rébellions. Elles se levaient contre le « recrutement par conscription de tous les "Sujets" français musulmans » institué par le décret du 3 Février 1912 mais dont l’acuité est évidemment accrue par le nombre de tués sur le front métropolitain. Ces Algériens à qui on refuse le droit de vote, acquièrent le « droit » de mourir pour la France !
Le mouvement commença dans la commune mixte de Barika dès fin septembre 1914 (Ageron) : Les habitants préféraient voir mourir leurs enfants en Algérie plutôt qu’en France !
L’évènement le plus marquant se déroule dans la nuit du 11 au 12 novembre 1916 : 1.000 à 1.500 insurgés Ouled Aouf attaquent le bordj de Mac Mahon, siège de la commune mixte d’Aïn Touta (dans la vallée qui sépare Belezma et Aurès). L’administrateur et le Sous-Préfet de Batna furent tués.[1]
Le 6 décembre 1916, le commandant en chef des forces de l’Afrique du nord demande des renforts. L’État-Major parisien n’accepte de retirer du front métropolitain que la 250e brigade (dont le 72°Régiment d’Infanterie RI de Marc Bloch) et une escadrille d’avions.
Marc Bloch arrive de Marseille à Philippeville le dimanche 17 décembre ; il reste une semaine dans cette ville littorale à l’hiver clément, avant de gagner lundi 25. son affectation à Constantine aux hivers froids.
D’après Meynier, les 72e et 91e R.I. ne débarquent que début 1917. Ces régiments vont former l’armature principale des troupes qui vont atteindre 13 000 à 16 000 hommes dans le Constantinois ...pendant que des milliers d’autres soldats français ... et algériens se battent sur la Somme ! « Aux temps forts de la répression, il y a donc un militaire pour quatre habitants dans le Sud-Constantinois » (Meynier)
D’après les annotations de Bloch (Becker), son emploi du temps peut sembler assez casanier avec des semaines à Constantine, sans nul doute à son poste militaire, et certaines fins de semaine qui semblent touristiques : 31 décembre et 1 janvier 1917 à Biskra ; 13 et 14 janvier à Alger ; dimanche 4 février à Timgad. Certes Timgad est à mi-chemin entre la rébellion du Belezma et celle de l’Aurès (Khenchela, Chechar) mais en est distante de dizaines de kilomètres et semble épargnée, du moins jusqu’à mi-février. De même, Biskra est un haut lieu touristique même si la route et le chemin de fer depuis Constantine longent le pied du Belezma et traversent des lieux qui ont été sanglants dans les semaines précédentes, en particulier Aïn Touta-Mac Mahon mais aussi El Kantara.
Par contre du samedi 17 février au mardi 20 mars 1917 Marc Bloch n’indique aucun lieu. On peut supposer une intensification de l’implication de Marc Bloch soit dans son poste à Constantine soit sur le terrain, sur un des terrains de la répression dont le centre de gravité passe du Belezma à l’Aurès proprement dit.
En effet, « Le 4 février 1917, une escadrille quitte Aïn-M ’Lila pour Biskra d’où elle effectue des opérations contre les groupes rebelles. (...) . Les missions consistent à lancer des tracts et des bombes à proximité des campements. Des postes de ravitaillement sont créés en de nombreux endroits et approvisionnés par caravanes de chameaux si l’accès en automobile est impossible. Tout l’Aurès est survolé de façon intensive au départ de Biskra et des aérodromes de campagne de Batna, Timgad et Zeribet-el-Oued. » (http://alger-roi.fr/Alger/aviation/pages/84_aviation_militaire_12_18.pdf)
Du 22 au 28 février les colonnes opérèrent respectivement dans le Djebel Guerioun [à 7 km SE d’Aïn M’Lila], le Hodna et l’Aurès (Ageron)
Du 4 au 26 mars 1917, trois colonnes sillonnèrent tout l’Aurès : de Batna à Biskra, via oued Taga, Médina, Tkout ; du djebel Chechar (Taberdga) jusqu’à Khenchela ; de Biskra jusqu’à Zeribet El oued puis Timgad, Lambèse et Batna (A.O.M. 8X227 (31mi22) et 8X221 : itinéraires des colonnes en Aurès » (cité par Zouzou).
Marc Bloch a-t ’il accompagné ? dirigé une de ces colonnes à leur démarrage ? qu’en a-t-il pensé ?
Le mercredi 21 mars 2026, Marc Bloch est à Philippeville d’où il embarque le samedi 24 mars, sans doute en même temps que le reste de « la brigade d’infanterie |qui] fut rembarquée pour la France » « en mars 1917 » (Ageron).
La répression aura duré cinq mois (Meynier) et le séjour algérien de Marc Bloch quatre mois
Cette période de la vie du grand historien devrait poser questions aux historiens d’aujourd’hui. Non-historien, je me permets de les poser, à des plus jeunes que moi
Marc Bloch a-t ‘il écrit quelque chose sur cette répression dont il fut pour le moins le témoin ?
Qu’a-t ‘il pensé et fait de l’ordre du général de Bonneval du 8 janvier 1917, à savoir que la totalité des mechtas insoumises «serviront d’otages jusqu’à complète exécution des conditions de soumission » et des autres instructions à savoir : «Les bombardements par les [canons] 65 de montagne, l’incendie de toutes les mechtas «rebelles», la destruction des silos de grain, les razzias massives de bétail, les amendes collectives et les séquestres, la prise comme otages des familles des insoumis, «Les indigènes qui résisteront les armes à la main seront passés par les armes» (cité par Meynier).
Sur le nombre de victimes, les seules indications sont celles du préfet Seignouret (cité par Meynier) d’après lequel il y aurait eu :« deux ou trois cents indigènes tués parmi lesquels plusieurs femmes et enfants ».
Après-guerre, qu’a pensé Marc Bloch des dénonciations de cette répression ?
Un député modéré, Aubry, décrivait ainsi devant la Chambre bleu-horizon l’action de son régiment : « Nous avons fait des colonnes et nous avons brûlé des villages sans rime ni raison. Nous brûlions des mechtas alors que nous savions que les habitants avaient leurs fils au front. J’ai entendu moi-même des pères arabes nous dire en pleurant : « II est malheureux que vous fassiez brûler nos demeures alors que nos fils se font tuer en France » (J. O. Chambre Débats, 28 décembre 1920, cité par Ageron).
« Nul besoin donc d’invoquer, comme le fit le rapport officiel d’O. Depont, sans les prouver, « des menées anti-françaises venues de l’extérieur » ou « les exaltations de mystiques abrités dans leur zaouïas » » (Ageron).
L’Ikdam, organe de défense des intérêts des Musulmans, créé par les « Jeunes-Algériens », écrivait en septembre 1922 : « en 1916-1917 on a enfumé, rôti, lardé les indigènes qui s’étaient révoltés contre la conscription et l’envoi aux tranchées... Les horreurs du Belezma sont encore présentes à nos mémoires. Nous savons de quoi sont capables ces troupes livrées à leur instinct animal » (cité par Ageron).
Annette Becker nous écrit en 2026 cet éclairage partiel « Les journaux de marches et opérations, bien que souvent aseptisés, donnent une idée de la chasse féroce aux réfractaires qui est menée : « La colonne procéda à la razzia de quelques gourbis. (…) » On ne peut croire que Bloch, le futur inventeur des rumeurs de guerre avait pu avaler la propagande d’une révolte fomentée par l’ennemi[i]. C’est sans doute pour cela aussi qu’il garda toujours le silence sur cet épisode. »
Sur le terrain, dans le Belezma, la mémoire de cette répression de 1916-1917 s’ amalgame avec celle aussi féroce de 1871 qui connut les mêmes hauts-lieux dans le Belezma (djebel Mestaoua) et les mêmes objets mythiques : le canon en chêne des résistants !
J’ai conscience que ces questions mal documentées par un non-historien, simple ami de l’Aurès et du Belezma, pourraient être utilisées pour diminuer, à l’heure de sa panthéonisation méritée, l’exemplarité de notre historien résistant qui mourut au nom des valeurs républicaines. Ces idéaux ont pourtant été foulées au pied par plusieurs opérations menées par la France pour laquelle Marc Bloch donna sa vie
Luc Thiébaut 22/06/2026, maisondelamediterraneerennes.com
[1] Peu après furent attaquées une ferme à Victor Duruy |aujourd’hui Ouled Chellih] et la maison forestière des Tamarins où un brigadier forestier fut tué.
i] « L’espionnage allemand, profitant de l’absence de troupes métropolitaines dans nos colonies d’Afrique du Nord, tente de soulever contre nous les indigènes. » « Historique du 72e régiment d'infanterie pendant la campagne 1914-1918 » (H. Charles-Lavauzelle (Paris), éditeur, 1920)
L’Aurès de Germaine Tillion et la culture chaouïa qu’elle a si bien décrite, au cœur ! D’autres auteurs, André Gide, Jules Verne, Alexandre Dumas n’en avaient frôlé que les marges. Plus de 2000 ans d’épopées depuis les princes numides ; plus de 2000 m de dénivelé des palmeraies aux cédraies qui subissent le changement climatique…Une montagne qui a donné naissance à beaucoup de personnalités et de nos concitoyens. L’histoire mouvementée d’un massif dans les mémoires algériennes et françaises, la richesse d’un patrimoine mondial.
Jean-Marie JEHL est décédé le 14 août 2025 à la paroisse de Batna (Aurès) dont il était le curé depuis 2014 après avoir été vicaire général
du diocèse de Constantine et auparavant, pendant des décennies, prof de physique au lycée de Chechar (Wilaya de Khenchela)
Parfait arabisant et de nationalité algérienne, il venait souvent à la Maison de la Méditerranée nous raconter la vie à Constantine, à Batna et dans l’Aurès et les Nemencha, Jean-Marie reste
quelqu’un de très important pour beaucoup d’entre nous
Nous étions une quinzaine au 4C « Discutons/لنتحدث « Un rendez-vous pour partager nos mots et nos cultures en arabe et en français" à échanger cette fois sur « les noms de arbres, de l’arabe au français ... et retour », chacun avec son parler, du Maroc à l’Irak, en passant par l’Algérie, la Syrie, la Roumanie, la Russie, la Bretagne ...
Ce furent des allers et retours entre nos connaissances, de l’arbre et de l’arabe, replaçant dans une arborescence foisonnante, les apports de chacun et les étymologies, avérées, contestées ou mythiques
Merci à tous ceux qui ont apporté (et qui donneront encore, il n’est pas trop tard !) des nuances et des corrections au diaporama
Ce rendez-vous était ainsi préparatoire à la déambulation Arbres du Maghreb …au Parc du Thabor, dimanche 23 novembre 2025, balade avec la MCE pour la semaine de l’arbre,. Notre prochain Rendez-vous 4C « Discutons/لنتحدث : mercredi 5 novembre 17h45 aux Champs Libres
الى اللقاء
Pour préparer la semaine de l’Arbre, douze enfants apprenant l’arabe au centre Avicenne ont travaillé pendant les vacances d’automne (où « tombent les seuilles caduques » !). Chaïma, Israe, Assia, Isra, Kassim, Ishaq, Anas, Ali, Yassir, Diyana ont choisi chacun un arbre et ont réalisé, avec Hidaya et Luc, une affiche représentant l’arbre choisi, avec ses appellations en français, en arabe et dans les langues des grands-parents : darija, chleuh, comorien, lingala. Ils ont choisi l’Arganier, l’Olivier, le Dattier et le Figuier.
Après la confection de ces posters, nous avons fait, avec une maman, le tour des arbres du quartier pour découvrir : cornouiller, érable, orme, bouleau, pommier, poirier, chênes, châtaignier et, originaire du Maghreb : le cèdre de l’Atlas !
Puis retour au centre Avicenne pour déguster les fruits d’arbres visionnés : tamarin, jus d’orange et de pomme, … et enfin, une dernière touche aux œuvres des enfants que vous pourrez admirer à partir du 6 novembre à la Maison de la Consommation et de l’Environnement 48 Bd Magenta en particulier Mercredi 27 novembre pour la conférence-diaporama sur les Arbres du Maghreb et du Proche-Orient
Samedi 23 novembre 2024
De l’Afrique du nord à Rennes, des arbres nous apportent leurs fruits, leur ombre, leurs noms. Sources de spiritualité et armes contre les catastrophes climatiques, les essences et les bois étayent les cultures du Maghreb et l’histoire franco maghrébine ; leurs fruits alimentent nos gastronomie … et la langue française ; leurs palmes et leurs rameaux célèbrent notre diversité.
Assemblés dans des jardins tels celui de la Chapelle-des-Fougeretz comme dans ceux du Maroc et d’Algérie, ils abritent nos échanges interculturels et la découverte de l’Histoire de l’Autre.
le 6 juin 2024, vingt personnes de l'asso Rennes-Sétif ont échangé sur ce patrimoine.
Une précédente visite fut le thème de l' Emission de RCF Bretagne (Radio chrétienne de France, 96.3 FM) ;https://www.rcf.fr/economie-et-societe/balades-en-bretagne?episode=393222
De grands carnivores parcourent le Maghreb Ils peuplent aussi les cultures de ces pays. Du lion au chacal, de la panthère au fennec, les fauves sont omniprésents dans les chansons, les toponymes, les proverbes, tant en arabe qu’en berbère, et dans l’histoire franco-maghrébine
Plan : « fauves » ? acceptions, équivalents en arabe et amazigh
Les différentes espèces de féliformes et de caniformes du Maghreb, l’état des populations en 2022,
Les fauves dans les noms de lieux, de personnes, dans l’histoire du Maghreb et de ses relations avec la France, dans la peinture, la littérature, la BD, le chant
Visionnez la conférence diaporama sur
Des centres pénitentiaires d’Algérie aux prisons bretonnes, de nombreux militants algériens, FLN, communistes, MNA, libéraux ont été emprisonnés ou internés en France, en particulier à Rennes où ils ont rejoint des immigrés arrêtés en France ; certains furent condamnés à mort, d’autres se sont évadé. Plusieurs sont devenus des personnalités de la vie politique algérienne et de l’histoire de nos deux pays. Cette histoire et les mémoires longues, dans nos deux pays, de prisonniers sur « l’autre rive », font partie de notre patrimoine commun
Des familles d'anciennes détenues ont participé à la rencontre.
suivie à 20h30 du film " Moudhahidate" d'Alexandra Dols, en sa présence
samedi 24 février 2024 à la Maison de la Culture de Bejaïa : hommage à Abdelhafid Idress,
auteur du dictionnaire
français-tamazight.
Avec la commune de Boukhlifa, berceau de la famille de Zineddine Zidane et l’assemblée de la wilaya de Bejaïa (Bougie, Bgayet). Une centaine de participants. Animé par Radia Touati
le 8 novembre 2023 à l' Université Ouverte de Besançon,
Contre le colonialisme mais hésitants devant la violence de la lutte armée : le journal Espoir Algérie, Mammeri, Keddache,
Feraoun, Mandouze, Camus, Pélégri, Amrouche, Gallice, la Vie Nouvelle, Chevallier, Chaulet, Mgr Duval, les chrétiens progressistes, les juifs libéraux d’Algérie, le scoutisme en
Conférence élargissant l’article La Vie Nouvelle et l’Algérie en guerre, dans Citoyens (revue de La Vie Nouvelle), n° 387, Novembre 2023
Quelques figures de ces Français d’Algérie qui se sont élevés contre les injustices coloniales sans pour autant rejoindre les moudjahidin. Européens ou juifs d’Algérie, ils ont milité avec Mouloud Mammeri, Mahfoud Keddache. Ils étaient amis de Mouloud Feraoun.
Héritiers des « indigènophiles » du XIXème siècle, des « réformistes » de la première moitié du XXème siècle, les libéraux d’Algérie suivirent une évolution comparable à celle Ferhat Abbas et du « Manifeste Algérien ». Ils ont partagé plusieurs combats avec les communistes algériens et certains « centralistes » du MTLD ; chrétiens et juifs d’Algérie, ils étaient minoritaires dans leur « communautés » Victimes de la répression coloniale et pour certains torturés par les paras puis cible de l’OAS qui en assassina plusieurs, c’étaient, comme l’écrit Mouloud Feraoun le 30 décembre 1961, ceux “ veulent nous traiter d’égal à égal et qui sont prêt à accepter de vivre dans ce pays arabe, administré par des Arabes.”
« Décolonisation » oui ! mais l’indépendance, elle, fut plus longue à admettre. Quand la possibilité de cet « istiqlal » s’imposa à leurs compatriotes algériens, il fallait à la fois la soutenir et y assurer les droits de cette minorité non-musulmane à laquelle ils appartenaient. Plusieurs terminèrent leur vie dans cette Algérie indépendante pour laquelle ils avaient milité et qu’ils auraient espéré plus fraternelle par-dessus les catégories ethno-religieuses figées par la colonisation
22 septembre 2023 à Vallon-Pont-d’Arc ,
De grands carnivores parcourent le Maghreb Ils peuplent aussi les cultures de ces pays. Du lion au chacal, de la panthère au fennec, les fauves sont omniprésents dans les chansons, les toponymes, les proverbes, tant en arabe qu’en berbère, et dans l’histoire franco-maghrébine
Plan : « fauves » ? acceptions, équivalents en arabe et amazigh
Les différentes espèces de féliformes et de caniformes du Maghreb, l’état des populations en 2022,
Les fauves dans les noms de lieux, de personnes, dans l’histoire du Maghreb et de ses relations avec la France, dans la peinture, la littérature, la BD, le chant
conférence donnée au Muséum de Dijon le 5 décembre 2022,
Tartarin, Contes du lundi, Lettres de mon moulin, …
23 septembre 2023 à Saint-Alban-Auriolles (Ardèche, avec le Musée Alphonse Daudet)
« Sous la Troisième République, l’Algérie se résumait pour la plupart des Français aux clichés qui leur restaient de la lecture de Tartarin de Tarascon d’Alphonse Daudet, un des classiques de l’école primaire d’alors.” (De la littérature française, Denis Hollier). Aujourd’hui, les Lettres de mon Moulin et d’autres nouvelles nous en apprennent beaucoup plus, pour le meilleur et pour le pire, sur l’histoire rugueuse de nos deux pays, les soldats algériens de l’armée française, les migrants … et sur l’écologie, les sauterelles, les fauves, …
le 10 janvier 2023 une trentaine de personnes ont échangé aux Amis de la bibliothèque diocésaine de Rennes, sur la Diversité religieuse en Algérie : depuis plus de 2000 ans, des religions se sont succédé sur le territoire de l’Algérie. Ce pays est riche du patrimoine que ces religions ont laissé. Elles alimentent aussi un pluralisme fécond dans la société algérienne. Avant d’aborder la diversité de l’Islam, majoritaire mais composite, la conférence esquissera la longue histoire du judaïsme algérien, puis du christianisme qui est réapparu 8 siècles après son extinction. La mondialisation a largement modifié le paysage des cultes en Algérie et leurs relations, tant entre eux qu’avec le monde extérieur
Plan de la conférence-diaporama :
Les religions apparues avant l’islam : animisme, judaïsme et christianisme. Leurs pratiques aujourd’hui
La diversité de l’Islam algérien, dans ses quatorze siècles et aujourd’hui
La diversité religieuse face à la politique gouvernementale, à l’“opinion publique” et à la mondialisation.
Après la projection du film « Les Harkis » de Philippe Faucon, 2022 au cinéma L’Arvor, le 25 octobre un débat à permis à 35 personnes d’échanger sur ce beau film mais aussi sur leurs perceptions et expériences par rapport à cette catégorie de supplétifs de l’armée française abandonnés par la France en 1962. Témoignages émouvant d’une fille de harki, d’un petit-fils de commandant de l’Armée de Libération Nationale, anciens appelés ayant cotoyé des harkis en Algérie et dans les camps en France, travailleur social dans des “hameaux de forestage” où ont été confinés des harkis pendant des années … Autant de themes sur lesquels il faut découvrir et faire connaître ces pages douloureuses de l’histoire France – Algérie.
Nous étions onze de Mosaïque Bretagne-Maroc ; onze ? non pas l’équipe de foot mais « l’accompagnement à la scolarité », en l’occurrence à l’« école buissonnière » ! Nous partons donc en balade ce mercredi , onze de 7 à 77 ans, une moyenne d’âge de onze ans ! Direction : Beauregard ; objectif : cueillir des fruits de l’automne et échanger nos savoirs. Les fruits ? nous en avons mangé sur place (arbouses, prunes, « gratte-culs ») ou ramené pour griller les châtaignes et faînes au local de l’association. Nos savoirs ? parlons-en. Quand le savoir naturaliste du vieux atteint ses limites, l’habilité numérique des jeunes permet de consulter « Plantnet » sur le téléphone. Car ce ne sont pas seulement des fruits que nous traquons, mais toutes ces plantes qui peuplent notre quartier. Même le bouleau, des enfants, sur YouTube, avaient appris qu’on en tirait la sève, comme remède : nous reviendrons donc en février ! Et les fruits de l’ « arbre à fraises » ! juteux et sucrés, pas la peine de les faire venir de Chine en boites au sirop ! échanges de nos savoirs … en langues : celles du collège (l’espagnol, l’anglais), de la maison (l’arabe), du gallo (« sesnou » pour arbouse), de la « science » et du français, avec ses doublons : la « châtaigne » ramassée qui devient « marron » en cuisine. Et le gland, qu’on peut manger au Maroc mais pas ici (sauf à le faire bouillir). Et ces oiseaux, noirs comme des corbeaux ? sont-ils homonymes d’un grand auteur de théâtre du XVIIème siècle ou d’un chanteur rwandais du XXIème siècle ? le temps d’en discuter et les Corneilles se sont envolées ! Mais les arbres, eux, restent. En fin tant nous ne les respectons en ne les ensevelissant pas de déchets, de plastique et de Gaz Carbonique.
Nombre de nos concitoyens sont issus de familles d’anciens Tirailleurs. Du Maghreb à nos villes, leurs pères ont pu passer par l’Indochine en guerre ou par l’Allemagne. Nous avons collecté de nombreux témoignages d’anciens Tirailleurs et de leurs enfants. L’histoire et le vécu de ces Chibanis sont mis en perspective avec cette « Armée d’Afrique » que composaient ces Tirailleurs, comme les Goumiers et d’autres soldats maghrébins de l’armée française.
Ecouter des mémoires différentes pour comprendre notre histoire commune
l'Exposition au centre Avicenne de Rennes et le débat (50 personnes,mars 2022) ont permis de recueillir de nouveaux témoignages sur ces Tirailleurs, marocains, algériens mais aussi comoriens
Sur ce thème, regardez la conférence enregistrée
nouvelle adresse contact@maisondelamediterraneerennes.com
La petite histoire des calendriers nous apprend que c’est un Berbère, Victor Ier, pape de 189 à 199, qui s’efforça de fixer à la célébration de Pâques une date commune à tous les chrétiens.
Mais bien avant, l’œuf était au centre de la commémoration de la Pâque juive et de la célébration animiste du printemps.
Le mot hébreu Pessah (« le passage ») qui désigne la Pâque juive a donné pour les chrétiens « Pâques » en français et Fessah , فصح en arabe.[i] . Le mot amazigh, Tafsut, « le printemps » est à rapprocher de l’arabe Fessah, « Pâques » mais n’en est pas la simple berbérisation. Dans le monde berbère le printemps arrive avant Pâques. Mais comme Pâques, il est fêté avec des œufs. En Kabylie, la « rencontre du printemps » (Amager n Tafsut) se fait autour d’un couscous avec des œufs cuits avec des racines d’aderyès (thapsia en français, bounafaa en arabe). Cette ombellifère toxique mais dépurative a donné son nom à l’ensemble de ce plat avec ses œufs, et même à cette fête. Ne peut-on la rapprocher des « herbes amères » du repas pascal juif ? Les chrétiens peuvent y voir la souffrance du Christ avant sa mort et la « coupe qu’il dû boire jusqu’à la lie ». Mais de cette amertume jaillit la résurrection et, de l’œuf, la promesse de vie ! joyeux printemps à tous !
[i][i] A ne pas confondre, mais si proche phonétiquement, de فسح « allonger le pas » mais aussi ‘ouvrir le passage »
Dans nos églises, sur leur chemin ce croix, la station V voisine de quelques mètres la station VI. Sur la côte nord-africaine, Benghazi n’est qu’à dix kilomètres de Cyrène.
Simon de Cyrène, évoqué le vendredi saint est le seul personnage du Maghreb cité dans les Evangiles même si la tradition orthodoxe attribue aussi à Saint Marc une origine cyrénaïque donc, aujourd’hui, libyenne.
Je viens de m’apercevoir que, sur ce même chemin de croix, la voisine immédiate de Simon, a à voir avec cette même petite région de l’actuel Maghreb. Elle n’est pas nommée dans les Evangiles mais une tradition ultérieure inventera une femme qui essuie le visage de Jésus et qui s’appellera en grec (plus exactement en macédonien) Bérénice (« Βερενίκη » Berenikê, « qui porte la victoire »,= Phéré en grec), latinisé en « Véronique ».
Or la ville de Benghazi s’appelait Bérénice au III° avant JC, pour avoir été reconstruite par la reine Bérénice épouse de Ptolémée III. Aujourd’hui, d’après Wikipédia (à vérifier), Benghazi se dit Bernîk en berbère.
Pour mieux faire briller cet étalement de ma culture, le mot « vernis » de l'italien vernice, est dérivé de la ville de Bérénice (actuellement Benghazi) d'où aurait été issu dans l'antiquité un ingrédient de ce produit (la soude ? l’ambre ? une résine ?). Une étymologie populaire fait dériver « Véronique » de « vera » « icône », la vraie image (du Christ, imprimée sur le linge de véronique ; Certains chemins de croix sont représentés par des icones … vernissées que l’on peut parcourir … en boucle !
Bonne semaine pascale à tous, bon confinement sur les deux rives de la Méditerranée; , Luc
Beaucoup de rues portent le nom d’acteurs de la colonisation. Le débat fait rage entre partisans de les débaptiser, de ne pas remuer la vase au risque d’en faire des victimes emblématiques, d’adjoindre des plaques explicatives, de donner à plus de rues (et d’équipements publics voisins) le nom de militants de la décolonisation, …. Dans un premier temps il est utile de connaître leurs histoires, celle des personnages mais aussi celle du « baptême » de ces rues. C’est ce que nous faisons pour Dijon, Rennes, … et cela pour que chacun puisse se situer dans le débat mémoriel
Dans le cadre du festival Babel danse, chemins berbères, et de l’exposition de Brahim Saïs « autour de la famille de Fadhma Amrouche » du 26 au 29 février 2020
Luc Thiébaut a évoqué « Fadhma Amrouche, ses enfants (Taos et Jean) et la diversité culturelle de Algérie » le27 février 2020 à Saint Brieuc, MJC du Plateau
églises, synagogues, mosquées, cimetières, …
2019 à Saint-Brieuc ; 28 janvier 2019 a la bibliothèque diocésaine de Rennes le , à celle de Dijon le 4 décembre et à la MJC des Grésilles le 2 décembre 2019
« La diversité religieuse de l’Algérie à travers son patrimoine architectural d’aujourd’hui :
L’Algérie est riche de sa diversité religieuse. Si la plus ancienne religion de l’Algérie, le judaïsme, ne subsiste plus qu’à travers des synagogues abandonnées, les différents courants de l’Islam ont inspiré des mosquées très diverses et constitué l’histoire de l’Algérie. Quant aux églises, ce ne sont pas les mêmes traditions qui les ont construites et qui se développent aujourd’hui. Beaucoup d’Algériens sont attachés à cette diversité, qu’ils soient nostalgiques des coexistences passées, inquiets du développement de nouveaux courants ou en recherche personnelle et attachés à la liberté de penser.
mots arabes et berbères,
mémoires
franco-maghrébines …
« Dimanche à Rennes » 23 juin 2019
MIR 7 quai Chateaubriand
Balade au Centre de Rennes puis diaporama/débat : l'Histoire France Maghreb ...dans nos rues :
puis mandole (Brahim) et bendir (Nabil)
Le 12 juin 2019, quarante participants du « bistrot mémoire » rennais sont venus visiter le jardin marocain. Après une présentation par Aberrazak Zahout, architecte qui a conçu ce jardin au début du XXIème siècle, Luc Thiébaut a pu, malgré la pluie mais grâce à la bonne volonté des participants, présenter les arbres du Maghreb dans leurs relation avec notre alimentation, notre histoire et la langue française. Le groupe formant une communauté amicale envers les personnes qui ont perdu de leur capacité de perception, nous avons pu profiter des odeurs de ces arbres et arbustes : santoline, eucalyptus, cèdre, chalef, rosiers,…
La voilà la Blanche Hermine ! vive le patrimoine naturel algérien !
Mourad Harzallah a relevé la présence, inconnue jusque-là, de l’hermine en Algérie (Biban et Djurdjura).
Un symbole pour ceux qui sont attachés à ce pays … ....et à la Bretagne !
un "fauve" plus modeste que celui de notre conférence d'avril !
Le site Histoires ordinaires nous consacre un portrait à l’occasion de l’ animation Diversité des langues écrites dans les rues de Villejean, du 26 septembre 2018
Luc Thiébaut a présenté sa recherche sur les Gitans d’Afrique du nord à l’INALCO (Langues’O’) le 16 mars 2018 devant des chercheurs en langue Rromani et le professeur Marcel Courhiade.
En décembre 2017, devant les portraits, en collage, par Mustafa Boutadjine de plusieurs célébrités qui font le lien entre le monde Tzigane et le Maghreb, une version antérieure avait été exposée à Dijon dans une soirée organisée par le MRAP : recherches en cours sur la présence et la perception, en Afrique du nord, des cultures gitanes (Domari, Naouar, …) et des personnes et groupes considérés comme tels par les habitants (Beni Addes, Amer, Hadjeres, …). Tout témoignage sera bienvenu, dans le but de mieux connaître et de valoriser la diversité culturelle de nos pays.
Tziganes et arabes dans le figure de l’ «Autre » ; les fondements algériens du concept de "nomades " dans la législation française ; Gitans d’ Egypte dans l’imaginaire européen et dans le cinéma égyptien ; El Andalous et les gitans; les gitans du Maghreb sous la colonisation et dans la littérature française ; les groupes sociaux perçues comme gitans dans l’ Algérie d’ aujourd’hui
« A chacun son Algérie » film de Caroline Philibert et Luc Thiébaut, produit par la Maison de la Méditerranée
le 14 février 2014, 70 personnes ont vu ce film et en on débattu. a été évoquée la mémoire des témoins qui nous ont, depuis quitté : Amor Belfodil, Ginette Garrigue, Guillaume Mordoj, René Justrabo.
sur ce dernier, plusieurs personnes, anciens de Sidi Bel Abbès (pied-noir et Algériens) ont salué la mémoire de leur ancien maire,
Le témoignage d’ Ahmed sur le 14 juillet 1953 a intéressé d’autant qu’il était filmé en 2012 avant la sortie du film sur cet évènement que nous allons projeté à Rennes
on a aussi parlé de l’affaire Audin (qui a une rue à Rennes)
plusieurs personnes ont demandé une autre projection, dans leur commune
La veille, le film et ses intentions avaient fait l'objet de l'interview sur la radio c-lab https://www.c-lab.fr/emission/inattendue/inattendue-atelier-mash-up-bulles-tordre-a-chacun-son-algerie.html:
Plusieurs militants de l’indépendance algérienne sont passés par les prisons de Rennes.
Ils et surtout elles ont été peintes par le peintre Mustapha Boutadjine dans l’exposition “portraits en résistance” qui s'est tenu à Dijon en décembre 2017. Elles figurent dans sa série "Femmes d'Alger dans ..." Luc Thiébaut a animé le débat sur leurs itinéraires
le 22 mars 2017 a eu lieu une rencontre autour de Fadhma Aït Mansour Amrouche, auteur de Histoire de ma vie et mère de Jean & Taos Amrouche; organisée par les Amis de l'Algérie, à l’ espace Ouest France, à Rennes, avec visioconférence depuis Bejaïa de Kamel Medjdoub, et depuis Ighil-Ali, de Mustafa Amrouche et avec le maire de Baillé, Ille-et-Vilaine , où est inhumée Fadhma Amrouche.
La Maison de la Méditerranée est une association qui contribue à valoriser la part de l’«autre rive» que chacun détient de par ses lectures, ses voyages, son histoire familiale, ses références et par les immigrations qui ont formé notre société.